Fin du chèque ? Pas tout à fait. Voici ce qui change vraiment pour payer l’administration, et la place que Wero pourrait y prendre.
« Le paiement par chèque, c’est fini. » La phrase circule depuis des mois, et elle n’est qu’à moitié vraie. Pour les professionnels qui règlent leurs impôts, le virement est désormais la règle. Pour tous les autres, l’administration n’a pas interdit le chèque : elle a simplement décidé de ne plus investir dedans et de vous orienter vers d’autres moyens de paiement.
Wero, le paiement mobile européen, fait partie des solutions qu’elle prépare. Mais soyons clairs dès le départ : aujourd’hui, vous ne pouvez pas encore régler le Trésor public avec. Voici donc ce qui change vraiment, ce qui marche dès maintenant et ce qui arrive.
Le chèque est-il supprimé au Trésor public ?
Pas pour tout le monde, et pas encore pour les particuliers. Les professionnels ne peuvent plus payer leurs impôts par chèque depuis mars 2026, une obligation de virement prévue par la loi de finances pour 2026. Pour les particuliers, les associations et les collectivités, aucune interdiction générale n’est annoncée à ce stade.
Dans une réponse publiée au Sénat le 29 octobre 2026, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) précise son objectif : accompagner les usagers vers des solutions « moins coûteuses et plus sûres » plutôt que de leur fermer la porte. Reste que la tendance est nette. Selon la question posée par la sénatrice Marie-Claude Varaillas, le dernier centre de traitement industriel des chèques, à Rennes, doit fermer à l’été 2027, et la DGFiP confirme qu’elle ne réinvestira pas dans ce matériel arrivé en fin de vie.
En clair : le chèque ne disparaît pas d’un coup, mais il devient de plus en plus compliqué et lent à utiliser.
Pourquoi l’administration tourne-t-elle la page ?
Trois raisons ressortent de la réponse du ministère.
- Les usages ont changé. Les chèques encaissés pour les recettes publiques ont baissé de près de 80 % en 10 ans.
- Le matériel est dépassé. Les machines qui traitent les chèques et les titres interbancaires de paiement (TIP) sont arrivées au bout de leur vie technique.
- Le coût grimpe. Traité à la main, un chèque revient à l’État à 2,50 euros, sans compter la charge de travail pour les collectivités.
Ce virage fait aussi débat. Les syndicats, les associations de consommateurs et plusieurs élus rappellent que certains publics n’ont pas d’autre option : personnes âgées, habitants de zones rurales, personnes éloignées du numérique, petites associations dont le chèque reste le seul outil.
Wero, c’est quoi exactement ?
Wero est un portefeuille de paiement mobile européen qui permet d’envoyer et de recevoir de l’argent en quelques secondes, sans IBAN. Il suffit d’un numéro de téléphone ou d’un QR code. Le service fonctionne 24h sur 24 et 7 jours sur 7, week-ends et jours fériés compris, avec un virement instantané entre comptes bancaires en moins de 10 secondes.
Attention toutefois : Wero n’est pas une banque. C’est un service proposé par EPI Company SE, une société européenne, qui s’appuie sur les banques partenaires. Vous l’utilisez dans l’appli de votre banque ou dans l’appli Wero, et l’argent part directement de votre compte vers celui du destinataire.
Aujourd’hui, il sert surtout à rembourser un ami, partager une addition ou participer à un cadeau. Il est utilisable en France, en Belgique, en Allemagne et au Luxembourg. D’après les chiffres communiqués en 2026, il compterait 25 millions d’utilisateurs actifs, dont 16 millions en France.
Peut-on payer ses impôts avec Wero ?
Non, pas encore. La DGFiP indique qu’elle « prépare l’acceptation » de Wero, qu’elle considère comme une solution adaptée à terme aux paiements en ligne ou en proximité. Aucune date n’a été donnée dans la réponse ministérielle.
À ce jour, le paiement par Wero chez les commerçants se met en place progressivement :
- En ligne, le déploiement avance banque par banque depuis le printemps 2026. BNP Paribas l’a ouvert à tous ses clients particuliers début septembre, et d’autres établissements, dont le groupe BPCE (Banque Populaire, Caisse d’Épargne) ou la néobanque bunq, ont suivi ou suivent. Côté commerçants, l’offre reste encore limitée : fin septembre, Sosh était le seul grand site où le paiement en ligne était confirmé, avec Décathlon, Air France et Fnac Darty annoncés pour la suite.
- En magasin, il faudra patienter : l’arrivée en France est annoncée progressivement à partir de 2027.
Ce qui fonctionne dès aujourd’hui pour payer l’administration
En attendant Wero, les solutions existent déjà, et elles sont plus nombreuses qu’on le croit.
- PayFiP, la plateforme gratuite de la DGFiP : paiement par carte bancaire ou par prélèvement unique à l’échéance, pour les impôts et de nombreuses factures publiques (cantine, eau, crèche, hôpital selon les collectivités).
- Le prélèvement automatique, proposé par les collectivités et leurs régies, après signature d’un mandat.
- Le virement bancaire classique, depuis votre compte.
- Chez un buraliste agréé : plus de 16 000 points de vente acceptent la carte bancaire, ou les espèces jusqu’à 300 euros.
- Aux guichets de la DGFiP (carte bancaire) ou des régies équipées d’un terminal de paiement.
Pour les collectivités, un cadre existe aussi : un décret de 2018 oblige toute entité publique qui encaisse plus de 5 000 euros de recettes par an à proposer un paiement en ligne.
Source : demarchesadministratives.fr, publié le 29 octobre 2026
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