Services publics, travail des agents… Le déploiement de l’intelligence artificielle (IA) s’accélère dans le secteur public. Mais en quoi l’IA peut-elle constituer un levier de transformation de l’action publique ?
Un rapport publié le 2 juillet 2026 par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale de l’administration (IGA) analyse les conditions dans lesquelles l’intelligence artificielle (IA) pourrait améliorer les services publics, la qualité du travail des agents ou encore l’efficacité des politiques publiques.
Diffusion de l’IA dans le secteur public
Son adoption par les administrations publiques (APU) françaises est récente et hétérogène. Beaucoup d’agents utilisent l’IA générative de façon spontanée et non régulée, ce qui révèle une appétence pour cette technologie mais présente des risques (sécurité des données, fiabilité des décisions, inégalités d’accès).
L’État utilise 141 produits d’IA. L’usage de l’IA dans les collectivités territoriales semble corrélé à leur taille : 95% des métropoles et 85% des régions ont engagé un projet IA ; 73% des communes de moins de 3 500 habitants n’en ont aucun. La sphère sanitaire et sociale s’approprie diversement l’IA.
Les APU disposent d’outils d’IA :
- généralistes (synthèse, traduction…), d’intérêt transversal mais développés séparément par ministère ;
- destinés aux fonctions supports (achats, affaires juridiques, ressources humaines…), peu mutualisés ;
- appliqués à des métiers spécifiques(lutte contre la fraude, offres d’emploi…).

Un levier d’amélioration des services publics
Les tâches les plus exposées à l’IA générative relèvent de la gestion documentaire, du traitement de données, des activités encadrées par des processus et des normes (tâches répétitives…) ou relatives aux services auprès des usagers. Des travaux montrent que :
- 20% des agents publics (soit 1,13 million) y sont exposés, dont notamment les fonctions supports et administratives ;
- 23% le sont faiblement (travailleurs sociaux, infirmiers…) ;
- 47% ont une profession dont la plupart des tâches sont peu automatisables (enseignants, policiers…).
Le déploiement de l’IA peut générer des gains de productivité qui représentent des volumes horaires importants. L’automatisation de tâches à faible valeur ajoutée libère du temps pour d’autres missions (contact direct avec les usagers…).
Dans les fonctions supports, l’usage de l’IA permet aussi d’optimiser les ressources et de réduire certaines dépenses (maintenance, prestations externes). Les solutions d’IA métiers améliorent la qualité et l’efficacité de nombreux services (réponses plus rapides et personnalisées aux usagers…).
Selon le rapport, l’IA contribue à une meilleure qualité de vie au travail et constitue un facteur d’attractivité pour les jeunes générations d’agents.
Comment concrétiser les améliorations souhaitées ?
Pour que le développement de l’IA puisse apporter les améliorations souhaitées, le rapport préconise notamment :
- de proposer aux agents publics des solutions d’IA généralistes sécurisées, dont le cadre d’usage serait défini par les administrations ;
- de développer des outils d’IA interministériels sur les fonctions supports ;
- de mutualiser les infrastructures nécessaires au déploiement de l’IA publique ;
- d’instaurer une gouvernance de la donnée publique axée sur un partage renforcé et pilotée au niveau interministériel ;
- d’adopter une stratégie de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences intégrant les enjeux de l’IA.
Source : Vie publique, publié le 09 juillet 2026
Pour en savoir plus :
- Quelle IA au service de l’État ? – Vie publique, publié le 19 juin 2026
- Accessibilité numérique des services publics : une non-conformité « généralisée » – Vie publique, publié le 23 juin 2026
- Fonction publique : lancement d’une réflexion stratégique pour anticiper les changements d’ici à 2050 – Vie publique, publié le 31 mars 2026
- Dématérialisation des services publics : des difficultés pour de nombreux usagers – Vie publique, publié le 22 septembre 2025
