L’Observatoire de l’inclusion bancaire observe une hausse de 9,8% du nombre de dossiers déposés pour surendettement en 2025. La hausse est plus particulièrement visible chez les jeunes de 18 à 29 ans, plus spécifiquement attirés par les produits financiers permettant une consommation instantanée (minicrédits, paiements fractionnés…).
L’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB) a été créé afin de suivre les pratiques des établissements de crédit en matière d’inclusion bancaire. Il est issu du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale.
Le rapport annuel pour l’année 2025, publié le 25 juin 2026, relève deux points notables en 2025 :
- une poursuite de la hausse du surendettement (+9,8% de dépôts de dossiers en 2025 après +10,8% en 2024) ;
- le recours croissant à des minicrédits (moins de 200 euros) et aux paiements fractionnés, en particulier du côté des publics les plus en difficulté.
Les 18-29 ans plus fréquemment en situation de surendettement
4,8 millions de personnes ont été détectées comme « financièrement fragiles » en 2025 (solde débiteur journalier moyen de 236 euros). Si le nombre total de personnes surendettées décroît sur 10 ans (-13% de 2016 à 2025), l’OIB s’inquiète de l’augmentation continue du surendettement depuis 2022, en particulier chez les jeunes de 18 à 29 ans (12% en 2025 contre 5% en 2022).

Les causes premières du surendettement sont les accidents de la vie, loin devant les difficultés de gestion. Les profils les plus exposés sont les personnes seules, les familles monoparentales, les femmes et les personnes en recherche d’emploi. La part de jeunes de 18 à 29 ans continue de progresser. Les employés et les ouvriers sont « nettement surreprésentés ».
L’OIB note l’essor de certains modes de crédits à la consommation comme les paiements fractionnés ou les minicrédits (16,4% des dossiers de surendettement traités en 2025). Ces types de crédits devraient être encadrés dans la transposition de la directive européenne du 18 octobre 2023 relative aux crédits à la consommation dont les dispositions doivent entrer en vigueur en novembre 2026.
Les inscriptions à l’offre clientèle fragile (OCF) – dispositif qui permet aux plus fragiles de bénéficier d’un plafonnement du coût des incidents de paiement – progressent de 5,8% en 2025 (+389% depuis 2015).
Une meilleure identification des clients fragiles
Depuis la loi du 26 juillet 2013 de séparation et de régulation des activités bancaires, les banques ont l’obligation de détecter les clients fragiles et de plafonner leurs frais d’incident.
La part des clients fragiles financièrement (hors clients professionnels) s’élève à 4,2% en 2025. La progression par rapport à 2024 (+1,6%), est le signe, selon l’OIB, d’une meilleure détection des situations par les banques.

L’OIB signale la forte présence du tissu associatif et le fort maillage national pour soutenir les personnes en situation de fragilité financière (action des associations, des centres communaux ou intercommunaux d’action sociale, de la Banque de France…).
Facilitation des démarches pour le droit au compte
L’Observatoire note également une plus grande efficacité de la procédure de dématérialisation du droit au compte qui permet de simplifier les démarches auprès de la Banque de France pour les personnes ne disposant plus de comptes bancaires.
L’OIB observe, du côté des banques, une baisse des frais bancaires annuels et des frais liés aux incidents de paiement (respectivement -23% et -29,6% sur la période de 2019 à 2025).
Face au recours de plus en plus nombreux aux microcrédits pour financer des projets personnels ou professionnels (105 944 projets soutenus en 2025 pour un montant de 835 millions d’euros), l’OIB s’inquiète de la capacité du Fonds de cohésion sociale à garantir la pérennité du système. Depuis 2019, les demandes de microcrédit ont connu une hausse de 58,1%.
Source : Vie publique, publié le 30 juin 2026
Textes de référence : LOI n° 2013-672 du 26 juillet 2013 de séparation et de régulation des activités bancaires
Pour en savoir plus : Rapport de l’Observatoire de l’inclusion bancaire 2025 – Banque de France, mise en ligne le 25 juin 2026
