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Accès aux soins de premier recours : les inégalités territoriales s’aggravent

Les soins de premier recours désignent les soins des médecins généralistes et de quelques spécialistes accessibles directement, les conseils des pharmaciens et les soins assurés par les infirmiers, les kinésithérapeutes, les dentistes, les orthophonistes et les psychologues. Les Français ont de plus en plus de mal à accéder à ces soins.

Le rapport sur l’organisation territoriale des soins de premier recours, publié le 13 mai 2024 par la Cour des comptes, fait état de disparités croissantes et avance des pistes pour y remédier.

Un accès aux soins de plus en plus difficile

Le déséquilibre entre l’offre et la demande de ce type de soins s’accentue. L’offre résulte de l’évolution des effectifs des professionnels de santé et de la modification de leurs pratiques (diminution des créneaux de soins ouverts en soirée ou le week-end…). La demande augmente car les pathologies chroniques, plus fréquentes, accroissent le volume des soins « programmés » (environ 70% de la charge de travail des généralistes). L’accès aux soins non programmés se complique.

Des indicateurs traduisent ces tensions, qui affectent surtout les plus précaires :

  • les délais moyens pour obtenir des rendez-vous s’allongent ;
  • la part de patients sans médecin traitant s’accroît, de même que le nombre de patients se rendant aux urgences sans justification médicale évidente.

Les inégalités dans la répartition géographique des professionnels de santé se creusent. Dans certains territoires, près du quart des patients n’ont pas de médecin traitant (soit deux fois plus que la moyenne) et le taux de recours inadéquat aux urgences atteint 40% sur certains territoires.

Quelle efficacité des mesures contre les déserts médicaux ?

Face à l’extension des déserts médicaux, des plans ont été mis en œuvre depuis la fin des années 1990, axés successivement sur :

Or, les diverses aides n’améliorent pas l’accès aux soins et les délégations de tâches médicales à d’autres soignants restent moindres en France que dans les autres pays développés. Selon la Cour, ces dispositifs s’avèrent inefficaces car ils sont :

  • « fragmentaires« , les lois adoptées de 2016 à 2022 marquent une volonté de bâtir une stratégie globale mais aboutissent à une juxtaposition de mesures peu intelligible ;
  • peu évaluables, faute d’indicateurs d’impact ;
  • insuffisamment orientés vers les publics fragiles et vers les territoires où l’accès aux soins est dégradé.

Quelles pistes d’amélioration ?

Le rapport préconise :

  • d’inscrire dans les missions des schémas territoriaux de santé la réduction des inégalités sociales et géographiques de santé ;
  • d’établir au niveau national un suivi annuel de la politique d’amélioration de l’accès aux soins de premier recours ;
  • d’allouer les aides en fonction des priorités territoriales ;
  • d’autoriser l’installation de médecins dans les zones médicalement bien loties s’ils s’engagent à exercer partiellement en zone sous-dense et de soutenir le financement des cabinets secondaires ;
  • de déployer des centres de santé hospitaliers polyvalents dans les zones déficitaires.

Source : Vie publique, publié le 16 mai 2024

Pour en savoir plus :

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