Mauvaise nouvelle pour les salariés qui veulent passer leur permis de conduire grâce à leur CPF (compte personnel de formation). Alors que depuis 2019, le CPF permet de financer, en partie, le permis de conduire, le Projet de loi de finances (PLF) pour 2026 prévoit une réforme qui pourrait bien mettre fin à cette possibilité.
Qu’est‑ce qui change exactement pour le CPF ?
Concrètement, l’article 81 du PLF 2026 vise à modifier l’éligibilité du permis de conduire au financement via le CPF. Jusqu’à présent, un salarié pouvait utiliser ses droits CPF pour payer une partie de son permis B, même s’il avait déjà un emploi.
Cette possibilité serait supprimée pour les actifs, et ne serait plus réservée qu’aux personnes inscrites comme demandeurs d’emploi à France Travail. En parallèle, le texte prévoit aussi la suppression de l’aide de 500 € pour les apprentis qui passent leur permis, une mesure jusque‑là censée faciliter leur mobilité et leur insertion professionnelle.
Bon à savoir : Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a de nouveau eu recours à l’article 49.3 pour faire adopter d’abord la partie « dépenses », puis l’ensemble du projet de loi de finances.
Pourquoi le permis de conduire est si important pour le CPF ?
En 2023, près de 305 000 personnes ont utilisé leur CPF pour passer leur permis de conduire, ce qui représentait environ 25 % de l’ensemble des formations financées. Pour rappel, le coût moyen d’un permis B se situe entre 1 500 et 2 000 €, selon les régions et les structures. Le CPF permettait de réduire significativement cette charge pour les candidats, en particulier pour les plus modestes ou ceux qui travaillent déjà mais qui n’ont pas encore de permis.
La colère des auto‑écoles et des associations de conducteurs
Les auto‑écoles et l’association 40 millions d’automobilistes réagissent vivement à cette réforme, qu’ils jugent profondément injuste. Pour eux, le CPF est alimenté par tous les actifs, mais le droit de financer le permis serait retiré à ceux qui travaillent, alors qu’il serait maintenu pour les chômeurs.
Les signataires d’une lettre ouverte aux parlementaires et au gouvernement dénoncent une « faute politique et sociale majeure », estimant que la mesure :
- « frappe de plein fouet la France qui travaille, cotise, mais dépend de la voiture faute de transports collectifs » ;
- « pénalise les ouvriers, aides à domicile, intérimaires, salariés de zones mal desservies, qui cotisent au CPF ».
Selon eux, le permis n’est pas un « luxe » ou une formation de loisir, mais une condition indispensable pour beaucoup d’emplois et pour accéder à des formations plus qualifiantes. Les auto‑écoles et les associations ne demandent pas nécessairement de maintenir le statu quo, mais de réguler l’usage du CPF plutôt que de supprimer purement et simplement le droit de financer le permis. Parmi les pistes envisagées : « un plafonnement du montant mobilisable pour tous ».
Source : demarchesadministratives.fr, publié le 28 janvier 2026
Pour en savoir plus :
- Quelles aides pour financer le permis de conduire ? – Service Public / Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre), vérifié le 12 décembre 2024
- Faciliter l’accès des jeunes au permis de conduire : étude et propositions – Vie publique, remis le 01 février 2025
